X-TREM Diving
La Configuration Doing It Right
La plongée sous-marine et en particulier la plongée TEK est un sport où le choix et l’agencement de l’équipement font l’objet d’un intérêt considérable et focalisent aussi toutes les polémiques. Il suffit pour s’en convaincre de passer une journée sur un bateau de plongée, vous y côtoierez un étalage d’équipements différents et de gadgets, tous configurés différemment et pour la plupart inutiles ou inadaptés à la plongée prévue. C’est la politique du « le plus, le mieux » qui prévaut !
Les tekkies l’ont souvent payés de leur vie, ils savent depuis longtemps qu’une réponse retardée à une situation d’urgence sous-marine peut être lourde de conséquences. C’est un risque inacceptable, mais ce risque peut être diminué en minimisant, standardisant, simplifiant, profilant la configuration de base.
L’approche minimaliste (« less is best » – le moins, le mieux) a été développée à partir de standards exigeants utilisés par un groupe de plongeurs extrêmes et s’est faite connaître sous l’appellation « Doing It Right » (DIR) que l’on peut traduire par : fais le correctement, sous-entendu, sinon ne le fais pas ! L’emplacement de tous les équipements de survie principaux, est standardisé et comme tous les plongeurs DIR utilisent un équipement similaire, configuré de la même manière, ils sont capables de reconnaître et gérer rapidement tout incident/accident de manière efficace et en toute sécurité.
La bonne configuration de votre équipement de plongée doit permettre l’ensemble de vos plongées, depuis l’exploration loisirs jusqu’à la pénétration de grottes ou d’épaves, de telle manière que l’ajout d’un dispositif spécifique pour une plongée donnée n’interfère, ni ne modifie votre configuration préexistante. Plonger en utilisant toujours la même configuration permet de répondre de manière standard à l’urgence ce qui réduit d’autant la charge de travail du fait de l’habitude. En d’autres mots, cette configuration n’aide pas seulement à résoudre les problèmes, elle les prévient.
Par ailleurs, il y a beaucoup plus dans l’approche DIR que la configuration de l’équipement. Le DIR est aussi un système holistique qui combine le travail en équipe, tant dans l’eau que hors de l’eau, la préparation physique et mentale, le développement de la vigilance. Mais soyons réalistes, c’est surtout l’organisation de son matériel de plongée qui suscite le plus d’intérêts.
Le plongeur DIR est identifiable au premier regard grâce à sa configuration. Le système de base utilise une plaque dorsale en acier équipée avec un harnais formé d’une seule pièce, une vessie d’équilibrage ou wing prise en sandwich entre la plaque dorsale et un bi-bouteille. Le détendeur de secours est monté sur un tuyau court, accroché autour du cou pour un accès facile.
Le détendeur principal est monté sur un tuyau long (2 mètres) qui circule juste derrière la wing, du côté droit, en dessous de la lampe (si une lampe est portée- autour du couteau ou passé dans la ceinture dans le cas contraire), remonte du côté gauche, passe derrière le cou pour terminer son trajet dans la bouche. C’est ce détendeur qui est utilisé en cas de scénario de passage d’embout.
Le harnais DIR est constitué par une longue sangle unique qui se love dans la plaque dorsale afin de former les bretelles et la ceinture. La ceinture se ferme à l’aide d’une boucle en acier comme pour une ceinture de plomb. On n’utilise aucun système de largage rapide ou tout autre système pouvant être source de défaillances. La sous-cutale est équipée d’une boucle dans laquelle passe la ceinture. L’attache de ceinture doit se trouver à droite de la boucle afin de prévenir une ouverture accidentelle. On constate d’emblée que le harnais DIR n’est pas orné par une multitude d’anneaux D pour accrocher tout son attirail.
En effet, on en compte 3 sur le harnais et deux sur la sous-cutale. Les lampes de secours sont accrochées aux anneaux de bretelles, une de chaque coté, et maintenues contre la sangle par de petits morceaux de chambre à air. On accroche aussi à l’anneau de la bretelle droite le détendeur principal et la tête de lampe lorsqu’ils ne sont pas utilisés. L’anneau de la bretelle gauche en association avec l’anneau de ceinture (situé à gauche) sert à capeler les bouteilles relais. L’anneau de ceinture sert aussi à fixer le manomètre. L’anneau antérieur de la sous-cutale est un anneau redondant. Il ne sert qu’en cas d’utilisation d’un propulseur.
Dans tous les autres cas on le passe dans la boucle de la sous-cutale avant de fermer la ceinture afin qu’il ne soit pas dans le chemin. Le dernier anneau situé en arrière, sur les fesses, sert à transporter l’équipement supplémentaire tels que les dévidoirs.
Le harnais DIR suit les contours du corps sans protubérances ou embarras. La poitrine est entièrement libre. La ceinture de plomb est proscrite. La flottabilité positive est compensée par le poids de la plaque dorsale (approximativement 2,5 kg). Si il faut plus de lest celui-ci est inséré, sous la forme d’un poids unique en V, entre la plaque dorsale et le bi-bouteille. La position en hauteur de ce poids peut être ajustée afin d’obtenir une position hydrodynamique parfaite. La suppression de la ceinture de plomb élimine un danger potentiel : la perte accidentelle du lestage.
Compte tenu du poids de l’équipement, certains plongeurs pensent qu’une vessie de gros volume est indispensable ou qu’une double vessie est nécessaire pour assurer la redondance. En vérité, la plupart des plongeurs sont soit trop lestés, soit pas assez et ont alors des problèmes pour descendre ou maintenir le contrôle de leur immersion dans les 10 derniers mètres ou pendant la remontée vers la surface. Une technique médiocre ou un équipement de mauvaise qualité sont souvent à l’origine de ces problèmes, mais ils peuvent être vaincus par une bonne compréhension du phénomène.
Deux critères doivent être rencontrés pour considérer que l’équipement est équilibré. Le premier, est que le lestage ne doit pas empêcher le plongeur de remonter à la seule force des palmes, bouteilles pleines, sans utiliser la wing. Le second, le lestage doit être suffisant pour tenir sans effort un palier à 3 mètres, bouteilles quasi vides, Wing peu ou pas gonflée. Comme le plongeur DIR est sensibilisé aux problèmes d’équilibrage, il choisit avec soin ses blocs, sa combinaison, et sa wing en fonction des circonstances. Il utilise un éventail limité de vessies. La plus volumineuse ne dépassant généralement pas les 25 litres. Il s’agit d’une enveloppe sans élastiques pour éviter tout piégeage de gaz, ou en cas de rupture de l’enveloppe pour éviter une perte brutale de flottabilité.
Ce système facilite l’hydrodynamisme mais surtout, chose la plus importante, il permet d’adopter une assiette horizontale. Le plongeur DIR maintient en permanence cette assiette horizontale pieds légèrement relevés, pendant la descente, la remontée, au fond et surtout pendant la décompression. Une bonne assiette, et une bonne technique de palmage sont les deux techniques primordiales de chaque plongée.
Commençons par le détendeur de secours (pas le second détendeur ou l’octopus, le SECOURS). Le détendeur de secours doit être immédiatement accessible car c’est le votre, celui que vous allez utiliser en cas d’assistance de votre binôme dans le scénario d’une panne d’air. Il est accroché autour du cou avec du tube chirurgical ou de la corde élastique retenue par l’attache qui fixe l’embout buccal sur le détendeur. Il doit se trouver très proche du cou afin de minimiser l’effet venturi sur le détendeur et fournir par la même occasion une sangle qui maintient fermement le détendeur dans la bouche en cas de nécessité.
Avec un peu d’habitude, il est possible de le mettre en bouche sans utiliser ses mains. Le détendeur principal est toujours celui qui est monté sur le tuyau long. Il circule juste derrière la wing, en dessous de la lampe (si une lampe est portée- autour du couteau ou passé dans la ceinture dans le cas contraire), remonte du côté gauche, passe derrière le cou pour terminer son trajet dans la bouche. Lorsqu’il n’est pas utilisé, comme pendant les relais ou la déco, ce détendeur est maintenu sur l’anneau D de la bretelle droite à l’aide d’un mousqueton à boucle pivotante.
En cas d’assistance pour panne d’air, le déploiement du détendeur principal est la simplicité même. Il suffit de l’ôter de la bouche et de le tirer vers l’avant et le haut en inclinant la tête vers le bas. En cas de stress du plongeur en panne d’air, si celui-ci se rue sur le détendeur dans votre bouche, la simple inclinaison de la tête permet de déployer librement le tuyau long. L’utilisation du tuyau long évite aux plongeurs de devoir nager côte à côte. Cela permet en effet de se positionner l’un derrière l’autre, l’assisté devant. Il n’y a donc pas de problèmes pour négocier les petits passages ou la sortie d’épaves par exemple.
La pression intermédiaire de tous les détendeurs doit être réglée au minimum afin de prévenir un débit continu et tout stress sur le deuxième étage et les tuyaux. Il faut utiliser des détendeurs qui peuvent être démontés et nettoyés sous l’eau, de même qu’il ne faut pas trop les serrés afin de pouvoir les changer sous l’eau. La courbure des flexibles doit être suffisamment ample pour éviter tout stress sur le tuyau mais suffisamment courte pour éviter de clapoter dans le courant.
L’organisation des flexibles sur les différentes sorties de la robinetterie est de la plus haute importance dans la configuration DIR. En effet, lorsqu’on plonge sous plafond (Grottes, souterrains, épaves,…), la robinetterie peut accidentellement heurter quelque chose ou frotter contre le plafond, entraînant une rotation du bouchon d’ouverture/fermeture. Compte tenu du sens d’ouverture des différentes sorties, la gauche aura tendance à se fermer et donc interrompre l’approvisionnement en gaz (en anglais roll off) tandis que la droite aura tendance à s’ouvrir. C’est cette observation qui guide l’organisation de tout les flexibles et détendeurs. Ainsi, le tuyau long et le flexible de l’inflateur sont montés à droite, tandis que le secours et le manomètre sont montés à gauche.
config flexible
Donc, dans le cas d’une panne d’air, vous êtes certain de donner un détendeur qui est alimenté en gaz, et si jamais vous êtes victime d’un roll off, vous attrapez simplement la vanne d’ouverture et la tournez. Si ce n’est pas possible comme la Wing est alimenté à partir de la sortie droite, vous pouvez utiliserl’inflateur comme troisième détendeur. Autre avantage, on ne perd pas la capacité de s’équilibrer du fait du roll off.

Le tuyau de l’inflateur circule le long du direct system, et est maintenu contre le tuyau annelé par des morceaux de chambre à air pour éviter tout emmêlement, et maintenir l’hydrodynamisme de la configuration. L’alimentation de la combinaison étanche et de la Wing doivent utiliser des connexions identiques pour qu’elles soient interchangeables en cas de panne de l’un ou de l’autre. Enfin, en connectant le manomètre sur la sortie gauche, cela permet de dépister une fermeture accidentelle de la bouteille.
L’utilisation d’une vanne d’isolation lorsqu’on plonge avec un bi-bouteille est essentielle. Elle permet en effet d’isoler un détendeur en panne, tout en préservant l’accès à l’ensemble du stock de gaz, c’est-à-dire aux deux bouteilles. La barre de couplage utilise des joints toriques redondants et non des joints plats. Cela permet une meilleure étanchéité et une plus grande résistance à l’impact. Les olives, utilisées pour bloquer la portion centrale, ne sont pas serrées à fond, ce qui permet à la barre de couplage de tourner légèrement en cas d’impact. Les bouchons des différentes vannes sont en caoutchouc car le métal se cabosse et peut se bloquer en position ouverte ou fermée au point qu’il peut devenir très difficile de tourner la molette. Les vannes sont toujours complètement ouvertes.
La fermeture de la vanne d’isolation est une autre pierre angulaire parmi les techniques essentielles utilisées par le plongeur DIR. La fermeture de la vanne d’isolation ou d’un bloc doit être une réaction réflexe devant une situation d’urgence. Le choix de sa combinaison et de sa souris est donc de la plus haute importance. Ils doivent en effet permettre l’accès facile à l’ensemble des différentes vannes.
La lampe principale est un équipement vital pour le plongeur DIR. Elle est utilisée pour les signaux, maintenir le contact avec le binôme et pour rester dans la philosophie DIR (the less is best) elle remplit de nombreuses autres fonctions. Le pack batterie sert de guide pour le tuyau long, c’est aussi un lest largable. De nos jours les têtes de lampe ont tendance à être du HID (High Intensity Discharge) qui a une autonomie jusqu’à 4 heure 30 pour une batterie de 6 amp, 12 volt. Le pack batterie est fixé à la ceinture du harnais, le plus possible en arrière contre la plaque dorsale. Il est maintenu en place par un cale-plomb. Le cordon qui unit la batterie à la tête de lampe est juste assez long pour fixer la tête de lampe sur le dos de la main gauche en laissant les doigts libres pour manipuler un dévidoir ou tout autre équipement. Lorsqu’elle n’est pas utilisée, la tête de lampe est accrochée à l’anneau D de la bretelle droite.
Les lampes de secours sont de simples lampes à piles qui s’allument en vissant ou dévissant. Elles n’ont pas d’interrupteur extérieur et l’étanchéité est assurée par un joint torique unique. Ces lampes doivent être fiables. Quand on en a besoin, elle doit fonctionner.
Instrumentation
Pour rester fidèle aux principes DIR d’hydrodynamisme et d’élimination de toutes les pannes possibles, le plongeur DIR n’utilise pas de consoles. Les manomètres les plus simples ont sa préférence. Tout le reste de l’instrumentation est porté au niveau des poignets. Les profondimètres sont doublés pour assurer la redondance, un sur le poignet droit qui est facilement éclairé, et un autre au poignet gauche dont on a remplacé la sangle par deux élastique afin d’éviter une source de problème potentiel.
Le concept du minimalisme, de l’hydrodynamisme et de l’élimination de toutes les pannes possibles s’applique aussi aux pièces les plus simples de l’équipement. Les sangles de palmes sont ainsi éliminées et remplacées par des ressorts en acier sans boucle de largage rapide. Un petit couteau à lame crantée est porté à la ceinture de manière accessible par les deux mains.
Le reste de l’équipement est porté dans une grande poche cargo située sur la cuisse gauche. En fonction de la plongée, elle contient des équipements tels que : masque de rechange, dévidoirs de sécurité, des mousquetons de rab, un sifflet, … Tous ces objets sont accrochés à de la corde élastiques. Lorsqu’on en a besoin on vide entièrement la poche, on attrape l’objet nécessaire, on le détache et on remet le reste dans la poche cargo.
Traditionnellement, le plongeur DIR utilise des mousquetons à boucle pivotante en acier pour fixer tout son équipement. Tous les systèmes d’attache qui peuvent se prendre dans un fil sont éliminés. Les mousquetons sont fixés aux diverses pièces de l’équipement avec des morceaux de fil d’Ariane. Ainsi, tout ce qui est fixé sur le plongeur peut être facilement détaché avec un couteau.
Alors, l’êtes vous ? Pour plus d’info, visiter le site www.gue.com (Attention, site en Anglais)